Le site
Un théâtre dans le Camp de la Transportation, Bagne de Saint-Laurent du Maroni, Guyane, Cases N° 8 et N° 9
Le projet Kokolampoe dans sa dimension multiculturelle et sa volonté de travailler avec les identités plurielles s’est installé dans un lieu hautement symbolique, le bagne de Saint-Laurent du Maroni.
Ce camp de la Transportation était le quartier général du bagne de Guyane jusque dans les années 1950. Des milliers de bagnards condamnés aux travaux forcés, dans le cadre de la «colonisation pénitentiaire» ont transité par ce camp pour être dirigés ensuite vers d’autres sites (Cayenne, les Iles du Salut). Seuls demeuraient à Saint- Laurent du Maroni, les transportés, condamnés à perpétuité.
Kokolampoe inverse le sens de l’Histoire en installant ici, non pas un théâtre clos, réservé à une élite, mais un théâtre ouvert sur le monde, consacré d’abord à toutes les formes du théâtre, ensuite destiné à tous les publics… Un théâtre équitable, inverse d’un «théâtre carcéral». Le travail de Kokolampoe sur les auteurs, la parole et l’écriture trouve aussi un écho unique dans cette implantation géographique. En bordure du fleuve frontière (avec le Surinam) la population de Saint-Laurent du Maroni est en effet une population pluriethnique, constituée de communautés, créoles, noires et amérindiennes, de descendants de la colonie pénitentiaire, de communautés chinoise, hmong, javanaise, brésilienne, haïtienne mais aussi des réfugiés Surinamais. Toutes ces communautés rassemblées sur ce même territoire forment un bassin culturel hors du commun sur le plan de la langue, de l’imaginaire et de la transmission.